Perspectives de développement aéroports régionaux wallons

Le 5 décembre 2014, le Centre d’Etudes Jacques Georgin a réuni les gestionnaires des aéroports régionaux wallons (Charleroi et Liège-Bierset)  afin de faire le point suer leurs perspectives de développement , les contraintes liées à la sécurité et à l’environnement, la collaboration voire les complémentarités avec l’aéroport de Bruxelles-National et les exigences de l’Union européenne vis-à-vis du secteur aéroportuaire.

Cette table ronde a permis de mettre en évidence les problématiques suivantes :

  • Problème de formation 

En Wallonie il y a un retard sur la formation dans les métiers aéroportuaires (handling, manutention) ; il n’y a pas d’initiative ni à Bruxelles, ni en Wallonie. Il y a bien un programme de formation du Forem (WAN) qui assure une formation en 6 à 7 semaines. Mais rien n’existe au niveau scolaire alors que la Flandre assure de tels cursus.

  • Collaboration entre les aéroports

Charleroi

Il y a 5 aéroports en Belgique pour une superficie somme toute assez réduite avec cinq « core business » très différents.

Chaque aéroport a ses spécificités, Liège est spécialisé dans le fret, Charleroi dans le low cost et Bruxelles national dans les vols internationaux mais maintenant aussi dans le low cost.

Il y a peu de collaborations entre les aéroports et beaucoup de concurrence parfois même déloyale (notamment de la part de l’aéroport de Bruxelles en vue notamment d’attirer des compagnies des Pays du Golde (Qatar Airways….)

Les responsables de Charleroi estiment que la zone de chalandise est suffisante pour permettre un développement respectif de chaque aéroport, sans concurrence effrénée entre eux.

Les vols sur l’aéroport de Charleroi se déroulent sur une plage horaire allant de 6h30 à 23h et si certaines plages horaires ont des pics de fréquentation, d’autres sont encore disponibles pour accueillir des vols au départ initialement l’aéroport de Bruxelles

Liège

Il y a 3200 emplois sur l’aéroport de Liège, le fret génère plus d’emplois.

Liège travaille en full cargo c’est-à-dire uniquement en marchandises tandis que Bruxelles travaille avec des avions qui transportent à la fois des passagers et leurs bagages mais également du fret en soute.

Aujourd’hui, l’aéroport de Liège assure le transport de 580 000 T par an. Dans 10 à 15 ans cette quantité devrait atteindre 1 million de tonnes.

L’aéroport de Liège a commencé à se développer en 1991, TNT est arrivé en 1998, ils opèrent de nuit principalement avec des pics entre 23h et 2h et entre 4h et 6h mais un décret leur permet d’opérer 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Depuis 2007 l’aéroport de Liège a dépassé celui de Bruxelles en fret. A cause de cette concurrence, Liège a dû baisser ses prix pour pouvoir garder des clients que Bruxelles voulait reprendre.

Les subsides pour la sécurité n’ont pas été indexés et ceux pour l’incendie ont été diminués. L’aéroport a donc du palier à cela sur ses fonds propres. A cause de ces mesures, les perspectives de développement sont diminuées.

La Région wallonne a diminué ces subsides d’environ 15%.

Belgocontrol assure le contrôle du trafic aérien des deux aéroports régionaux. On accuse les aéroports d’être la cause du déficit de Belgocontrol  alors que c’est le gouvernement fédéral qui a diminué le budget de cet organisme public.

  • Gestion des nuisances sonores 

La SoWAER (société wallonne des aéroports) a été fondée en 2001 pour assumer le financement mais aussi s’occuper des nuisances sonores.

Sur Liège et Charleroi, un réel programme a été établi pour minimiser les nuisances sonores. Ce plan d’exposition au bruit est révisé tous les trois ans mais il ne pose pas de problème  car prévu pour plus de vols, le seul problème qui pourrait provoquer le changement de ce plan serait de devoir construire une piste supplémentaire.

Liège

L’aéroport se trouve en zone semi rurale, les trajectoires sont concentrées et les vols sont concentrés également dans les plages horaires. Les vols évitent de survoler les zones urbaines. Ce programme a eu un certain coût car des maisons ont été isolées pour les insonoriser, 1200 maisons ont été rachetées. Un tel programme serait impayable à Bruxelles.

Charleroi

Pas de problèmes de nuisances car le programme a été mis en place avec la collaboration des riverains. Peu de plaintes sauf quelques cas isolés. Les bruits sont réduits également car les avions sont tous de la dernière génération.

A Zaventem pas de coordination pour limiter les nuisances sonores

  • Financement

Liège a investi 90 millions d’€ sur fonds propres, la Sowear assure un financement notamment en infrastructures et Belgocontrol investit sur des radars : 300 millions d’investissements au total sont prévus à l’horizon 2025.

Charleroi : financement privé pour 26% via actionnaire italien

Liège : financement privé  de 25% via les aéroports de Paris, 25 % via la Sowear 50 % via les pouvoirs publics régionaux.

  • Problème de mobilité pour rejoindre les aéroports 

Liège accueille 350 000 passagers par an mais ne possède pas de gare, le segment passagers va se développer mais pas autant que Charleroi ou Bruxelles. Il n’y a pas de bus le week-end. Il y a un monopole du Tec.

Avec un service bus TEC opérationnel le week-end, l’aéroport gagnerait en termes de plate-forme de mobilité car  il ne faut que 10 min pour relier le centre  de Liège et l’aéroport

Charleroi a le même problème mais a contourné le monopole du Tec pour assurer le transport par un service de navettes privées.

Les responsables de l’aéroport de Charleroi soulignent néanmoins l’intérêt de pouvoir disposer d’une desserte ferroviaire de qualité vu l’augmentation substantielle de passagers prévue à l’échelle de 10 ans.

Les responsables de l’aéroport de Liège adressent une demande aux parlementaires fédéraux car ils rencontrent une collaboration difficile dans les interactions avec les services de l’administration fédérale présents dans l’aéroport ou avec lesquels ils sont en contact direct : Douanes, Afsca, Belgocontrol

Un memorandum a été établi à cette fin , M Delcourt  va l’envoyer au CEG

  • Relations avec l’Europe 

Dans le paysage européen,les contingences sont difficiles pour rentrer dans les conditions d’aide car trop d’aéroports sont situés sur une petite superficie.

Liège

Le projet Carex a le soutien de l’Europe

Charleroi

Recours introduit contre la sanction de la Commission européenne à l’égard de l’aéroport, pour avoir obtenu des aides publiques.

  • Développement des aéroports 

Liège

Développement possible si l’administration publique supporte les projets

L’aéroport de Liège va s’intégrer dans un projet européen nommé CAREX il s’agit de relier l’aéroport de Liège aux lignes de train à grande vitesse, avec cinq autres aéroports européens ( Londres, Paris, Lyon, Amsterdam et Francfort )

Types de marchandises transportées à Liège sont très variée et spécifiques : chevaux, voitures de sport,produits pharmaceutiques, produits de luxe, les fleurs (Ethiopie) …..

Dans 15 ans ont peut considérer que le nombre d’emplois sera doublé.

400 hectares seront rentabilisés en zoning.

Charleroi

Cette année Charleroi a augmenté son nombre de passagers de 400 000 sur un nombre précédent de passagers avoisinant les 6 millions, il y a donc une croissance en général de environ 5% sur tout l’aéroport.

Un Master plan a pour objectif  de doubler les capacités de l’aéroport à tous les niveaux mais le projet est en standby à cause de la décision de la Commission européenne  ce qui  bloque le financement d’un nouveau terminal.

Il y a un réel besoin d’investissements qui auraient des retombées économiques évidentes notamment au niveau de l’emploi direct et indirect.

(rapport de la BNB novembre 2014)

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