La présente note d’analyse du Centre d’études Jacques Georgin s’inscrit dans une réflexion d’éducation permanente sur la place de l’intelligence artificielle à l’école. Alors que l’IA est déjà présente dans les pratiques scolaires, elle invite à dépasser l’opposition entre fascination technologique et interdiction pure et simple. Elle défend une priorité : former les enseignants afin qu’ils puissent accompagner les jeunes vers un usage encadré, critique et rationnel de ces outils.
L’enjeu n’est pas seulement d’apprendre à utiliser l’IA, mais de comprendre ses effets sur l’apprentissage, l’écriture, la recherche d’information, l’évaluation, la protection des données et les inégalités scolaires. Mal utilisée, elle peut favoriser la délégation trop précoce du travail intellectuel, brouiller le rapport aux sources et à la vérité, ou accentuer les écarts entre élèves. Bien encadrée, elle peut au contraire devenir un objet d’apprentissage critique et un support pédagogique utile.
Le Centre d’études Jacques Georgin plaide ainsi pour une politique publique ambitieuse en Fédération Wallonie-Bruxelles : intégrer l’IA dans la formation initiale et continue des enseignants, définir des règles claires dans les établissements, protéger les mineurs et préserver la finalité humaniste de l’école. Former à l’IA, c’est avant tout former au discernement, à la responsabilité et à l’esprit critique.
