Compte rendu de la matinée d’études cannabis du 15 novembre 2017

Ce mercredi 15 novembre , le CEG organisait une matinée d’études consacrée à la problématique du cannabis sous tous ses aspects (sociétal, pénal, médical…..) .
Une occasion d’écouter des experts de grande qualité (Sébastien Alexandre, de la FEDITO, la fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes; Tom Decorte, professeur de criminologie à l’UGent; Bernard Michielsen, premier substitut du procureur du Roi de Bruxelles; Dominique Lossignol, chef de service à l’unité des soins supportifs de l’Institut Bordet) nous exposer de manière complémentaire une vision nécessairement évolutive de ladite problématique, au regard d’une législation drogues désuète et qui ne correspond plus à la réalité sociale.
En effet, la politique actuelle en Belgique qui tente de restreindre l’offre de cannabis par la répression se heurte à un paradoxe fondamental: plus la répression est forte et parvient à réprimer l’offre et créer une pénurie, plus le prix pour le consommateur augmente, ce qui a pour conséquence une rentabilité accrue de la production et une intensification du commerce du cannabis, avec une consommation en nette hausse ainsi que le nombre de personnes confrontées à la dépendance.
Conscients de l’inefficacité sociale de la politique répressive, nos experts ont reconnu que cette interdiction avait un caractère idéologique et que la dangerosité se situait davantage dans la maximisation des risques liés à une production illégale guidée par le profit (générant des produits dérivés dommageables en termes de santé publique) que dans le cannabis lui-même.
La piste d’une réglementation prudente et encadrée du marché du cannabis s’est assurément imposée à l’issue de notre matinée d’études, qui correspond à notre vision politique inspirée d’un libéralisme social.
Le docteur Lossignol a quant à lui plus spécifiquement précisé que le traitement de la douleur, en application de la loi sur les droits des patients, pouvait justifier une utilisation raisonnée du cannabis, au regard des études scientifiques existantes, et que la situation actuelle se révélait particulièrement discriminante pour les malades belges.
Une matinée d’études fort riche en enseignements et en conclusions opérationnelles.
Christophe VERBIST.
Directeur du Centre d’études Jacques Georgin.

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